04 Juil 2024

Le verdissement des flottes du transport routier de marchandises

photo_5314705258238296221_y (1)
Louis-Pierre Geffray
Coordinateur des programmes
PHOTO_UP-BELLAICH-17_retouchée-removebg-preview
Oskar Bellaich
Chargé d'étude transport et logistique durable
PHOTO_UP-20230317-SHARIFI-13__1_-removebg-preview
Thomas Sharifi
Chargé d'étude transport et logistique durable

État des lieux et conditions de succès en France

La décarbonation du transport de marchandises en France et en Europe implique de repenser le secteur de la logistique : reports modaux et mutualisation renforcée, nouvelles règles d’accès en ville, disponibilité en foncier urbain ou renforcement des contraintes pour l’e-commerce, autant de chantiers pour augmenter l’efficience des flux et la maitrise de la demande. Le choix des modes de transport sera aussi déterminant. Entre autres, le fret ferroviaire devra voir sa part modale progresser, notamment sur le transit et l’international, pour atteindre un objectif de 25 % de t.km transportées en 2050. 1Tel que défini par la stratégie nationale de développement du fret ferroviaire En corollaire, le mode routier va rester majoritaire, a fortiori à l’échelle régionale. Il va ainsi concentrer une part importante des efforts dans la décennie à venir, notamment pour le verdissement 2 Développement des ventes de véhicules à motorisation 0 émission à l’échappement : électrique et hydrogène  des motorisations des poids lourds, objet de cette étude.

Réussir cette transition va supposer de réunir une série de conditions impliquant tous les acteurs dans un cadre de compétition juste et d’efforts partagés. L’État doit en assurer la cohérence, fixer des objectifs, accompagner financièrement les acteurs, et veiller au développement des infrastructures. Le cadre européen impose aux constructeurs de développer une offre de véhicules 0 émission à l’échappement selon une trajectoire définie. 3 À présent : -45% en 2030, -65% en 2035 et -90% en 2040 d’émission de CO2 à l’échappement pour la moyenne des immatriculations des constructeurs par rapport à mi-2019 à mi-2020. Journal officiel de l’UE, en ligne : Règlement – UE – 2024/1610 – EN – EUR-Lex (europa.eu) Les transporteurs doivent être incités et pouvoir acquérir/opérer de manière rentable ces véhicules bas carbone. Enfin, les donneurs d’ordre doivent être encouragés à recourir à ces solutions. Cette étude aborde sous la forme d’un « paquet de mesures » différentes facettes de politiques publiques pour faciliter la décarbonation des poids lourds du transport routier de marchandises en impliquant toutes ces parties prenantes de manière coordonnée et juste.

 

Messages clés :

  • Les standards d’émission CO2 européens publiés le 6 juin 2024 fixent des objectifs renforcés dès 2030, induisant un verdissement minimum des ventes de poids lourds de l’ordre de 34% à 36% en 2030 (vs 1,3% en 2023 en France). Pour atteindre cette cible, l’écart de compétitivité avec les transports diesel doit être réduit. Ainsi, les leviers à considérer en priorité sont les prix comparés des énergies/carburants et la pérennisation pour au moins 3 années du soutien à l’achat aux poids lourds 0 émission à l’échappement ainsi qu’à l’infrastructure concomitante. Les constructeurs devront également proposer des formules commerciales dé-risquées autour de la valeur de revente.
  • L’introduction de quotas de verdissement pour les détenteurs de grandes flottes pourrait sécuriser la demande en véhicules 0 émission à l’échappement. L’étude propose des trajectoires en ce sens. Scinder les objectifs en fonction du PTAC semble indispensable compte tenu des trajectoires de développement de l’offre technologique par segments et usages.
  • Enfin, un reporting obligatoire et plus complet des flux du transport routier de marchandise fonction de sa performance environnementale est préconisé, ainsi qu’un mécanisme incitatif alimentant la demande en transport décarboné auprès des transporteurs.
  • 1
    Tel que défini par la stratégie nationale de développement du fret ferroviaire
  • 2
    Développement des ventes de véhicules à motorisation 0 émission à l’échappement : électrique et hydrogène
  • 3
    À présent : -45% en 2030, -65% en 2035 et -90% en 2040 d’émission de CO2 à l’échappement pour la moyenne des immatriculations des constructeurs par rapport à mi-2019 à mi-2020. Journal officiel de l’UE, en ligne : Règlement – UE – 2024/1610 – EN – EUR-Lex (europa.eu)